À partir de quelle génération est-on Français ?
Publié le 11 Mai 2026
Mes grands-Parents maternels
Un certain Jordan Bardella a totalement renié ses origines émigrées italiennes par ses deux parents nés italiens en Italie années 1940, et l'histoire du racisme à l'encontre des Italiens. Lire le livre de Cavanna "Les Ritals" paru en 1978 éditions Belfond, qui raconte le racisme des Français années 1950. Lire aussi "Voyage en Ritalie" de l'historien Pierre Milza paru en 1993 édition Petite bibliothèque Payot, qui analyse les chiffres de l'immigration italienne dont on peut compter aux alentours de trois millions durant les années 1950 ; il précise : dont les émigrés politiques (Mussolini arriva au pouvoir en Italie en 1922).
Vers 1950 ma mère perd sa carte d’identité, affolement à la maison. J'en ai gardé un souvenir vif, j'avais neuf ans, elle en parlait tout le temps, (dont dans le métro de Paris). On lui demande de prouver qu’elle n’a jamais refusé la nationalité française à son mariage avec mon père né Français (à Reims). Impossible de prouver une non-négation. D’après la loi, elle était devenue française à son mariage avec mon père Français, à condition de ne pas l’avoir refusée. J’ai oublié comment elle s’y est prise, en tout cas, elle a retrouvé sa nationalité…
Il se trouve que mon nom de famille, hérité de mon père, est d’origine flamande. Il était d’origine de Reims, né en 1906. Là, vers la fin du Moyen Âge un marché (à Troyes) qui attirait des gens de partout en Europe, dont des Flamands. Sans doute qu’un jour, ils ont trouvé un attrait suffisant à cette ville pour s’y fixer… à Reims. Quand ? aucune idée. Mon père ne s’est jamais posé aucune question ni aucun membre de la famille, sauf moi.
Mon mélange
Ainsi, donc je suis un mélange. Je suis sûre que la majorité des Français sont de même. En effet, la géographie de la France n’a cessé de bouger au cours des siècles. Si vous avez quelques notions de l’Histoire de France, vous le savez. Par contre, beaucoup de nos « chefs » (présidents, députés, représentants de partis) n’en ont aucune notion. Oui, je dis bien aucune notion !
Au cours des siècles, la France a ainsi assimilé, intégré, enfin comme vous voulez, tout un tas de gens d’origines diverses, selon les fluctuations des conquêtes ou pertes de "provinces". Du nord, de l’est, du sud. Espagnols, Niçois, Savoyards, Bourguignons, Flamands… impossible d’être exhaustifs ; il leur faut y rajouter tous ceux qui viennent de Pologne ou d’ailleurs depuis le 19ᵉ pour travailler. La France avait besoin de bras pour son industrie au XIXᵉ pour faire sa révolution industrielle.
Le racisme en France
On dirait aussi que nos gouvernants ou les Citoyens français, en insultant les gens « non blancs » Français depuis plusieurs siècles oublient totalement la France d’outre-mer (La Réunion, La Martinique, la Guadeloupe), soit bien avant Nice ou la Savoie ou musulmans, du fait de nos colonies.
Puis vinrent les décolonisations. Quand elles étaient du Vietnam… c’était un peu loin pour venir travailler en France, mais depuis l’Afrique, il suffisait de traverser la Méditerranée.
Se posa la question de la sexualité de ces hommes seuls. Je me souviens très bien des queues devant certains hôtels borgnes à Paris où j'habitais. C’était la prostitution la plus dégradante autant pour l’usager que pour les femmes qui y étaient contraintes. Le gouvernement pensa donc que pour y remédier, il fallait faire venir les femmes… et donc des familles se construisirent.
Ils ont commis la faute de croire que la France était accueillante. Ils habitaient dans des conditions difficilement imaginables en France de nos jours : des bidonvilles. Un robinet d'eau pour des centaines de personnes. De la boue à la moindre pluie, un froid effrayant l’hiver et une chaleur insupportable l’été.
Était-ce une faute de nos gouvernements de l’époque ? Nous étions dans les Trente Glorieuses. Comment imaginer ce que serait l’économie 50 ans plus tard ?, doivent-ils, maintenant « payer ».
Ils sont Français. Ils sont la 3ᵉ génération. Ils ont été instruits par l’école de la République. Ils ont intégré les valeurs de la République. Est-ce que c'est leur faute si la République oublie ses valeurs selon le mauvais vent du racisme… ?
Du temps de mon enfance, j'ai aussi le souvenir vif de dires de l’époque : « retournez dans votre pays » « macaroni » dits à ma mère. Sans oublier que durant la guerre l’Italie étant alliée à l’Allemagne… Ma mère était jugée non sur sa personne, mais sur la politique de son pays d'origine par sa famille.
À l’époque, on ne prêtait aucune attention à ce que les Italiens, Portugais, Espagnols, Polonais étaient de culture catholique. Il était dit qu’ils n’avaient pas la même culture. Le racisme n’était pas interdit par la loi.
Moi, je n’oublierai jamais. Ce n’est pas le cas de tous. J’ai entendu des Tunisiens d’origine dirent qu’il fallait arrêter l’immigration… ne supportant pas eux-mêmes les leurs.
… et donc depuis quand puis-je être sûre d’être une vraie Française ? je suis une 2ᵉ génération. Enfant, à l'école primaire, je me disais Italienne, je le revendiquais, j’en étais fière. Et alors ?
/image%2F7232846%2F20260518%2Fob_21e65f_annie-stasse.jpeg)