Vasyl Stus poète Ukrainien
Publié le 22 Mai 2026
Vasyl Stus
Né en 1938, Vasyl Stus, dissident mort en 1985 dans un camp de travail soviétique, est considéré comme le second poète national de l'Ukraine. Georges Nivat, spécialiste de langue et de littérature russes, a appris l’ukrainien pour pouvoir traduire "Palimpsestes", son recueil de poèmes.
Vasyl Stus, l’un des grands poètes ukrainiens, a été arrêté par le régime de Leonid Brejnev et envoyé deux fois au goulag, où il est mort en 1985. Dissident actif, il appelle dès 1965 à la protestation publique contre les répressions à l’encontre des écrivains et des artistes. Plus aucune carrière universitaire ne lui est alors possible. Ses premiers recueils Arbres d’hiver et Joyeux cimetières paraissent au début des années 1970 avant son arrestation en 1972. Il a passé cinq puis dix années dans l’enfer du goulag, dans l’Oural puis dans la région de la Kolyma en Sibérie. En captivité, il traduit Rilke et Goethe en ukrainien, et écrit son chef-d’œuvre, le recueil Palimpsestes.
La publication de ce recueil en français dans son intégralité constitue un événement poétique, politique et littéraire majeur. Georges Nivat, slavisant reconnu, traducteur d'Alexandre Soljenitsyne, s’est mis à apprendre l’ukrainien et s’est attaqué, à 90 ans, à la traduction de ces Palimpsestes.
Il évoque ainsi l'urgence d'écrire pour Vasyl Stus : “Toute vie humaine est courte. Et on peut y écrire sur ce parchemin de cette vie plusieurs choses. Une seule chose, une grande chose, plusieurs grandes choses.
Alors Vasyl Stus a écrit la révolte et la solitude. Il a écrit le bannissement dans une prison à 6 000 kilomètres de son Ukraine natale bleue et jaune, qui, pour lui, représentait une espèce de Grèce antique. C'est ce bannissement qui fait qu’à un moment donné, il a pensé que l'Ukraine c'était lui. Pas métaphoriquement, mais parce ce que, partout ailleurs, en particulier ses amis de l'avant-garde, à laquelle il avait participé, ou bien le groupe ukrainien de Helsinki, faisaient tous des compromis avec le tyran, le bourreau soviétique. Et il envoie une lettre d'ailleurs au Politburo (Bureau politique) disant “Je vous prie de rayer ma citoyenneté soviétique”.”
- Vasyl Stus, Palimpsestes. Poésie et Lettres du Goulag (préface et traduction de Georges Nivat), éditions Noir sur Blanc, 2026
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