Politique économique du parti national-socialiste au pouvoir

Publié le 1 Juin 2026

Le projet

Dans le programme les trusts devaient tous disparaitre, mais Gottfried Feder (1) va bientôt rendre hommage aux créateurs de l'industrie allemande (Krupp, Thyssen, Kidorf, Bosch, Siemens).

L'expropriation promise… va se réduire aux "biens illégitimes" (juifs), voir plus dans la politique sociale et bientôt dans la politique raciste.

Financement du régime

Constat : l'Allemagne n'exportait pas assez, donc il fallait rétablir l'équilibre de la balance commerciale :

  • interdiction du transfert des capitaux étrangers, l'argent reste bloqué en Allemagne
  • développement de l'agriculture et des produits de synthèse (caoutchouc, essence, textiles) pour faire une économie de l'autarcie. Pour les achats à l'étranger, on utilisa les caisses de compensation (l'acheteur versait le montant de son achat dans des caisses dans sa monnaie d'origine) qui réduisait l'échange à une écriture comptable.
  • pour fabriquer, on eut recours à des billets à court terme que le Reich garantissait

L'Allemagne sort ainsi, par un coup de force, des échanges internationaux. Hitler était venu au pouvoir avec l'accord des milieux financiers : les capitaux cessèrent de se cacher. Mais c'était une forme déguisée de dévaluation puisque les acheteurs ne pouvaient sortir leur argent du territoire.

La dette de 10 milliards de marks en 1933 devint 110 milliards en 1943.

la circulation fiduciaire passe de 3 560 millions en 1932 à 33 683 en 1943.

C'est une politique du "désespoir" qui incite à l'agressivité, elle condamne à l'isolement et à l'armement pour s'étendre vers des pays plus riches.

Politique agraire
  1. La propriété de moins de 125 hectares devient : indivisible, incessible, insaisissable : le paysan ne peut plus emprunter, il est attaché à sa terre
  2. création de "cercles paysans" comprenant : propriétaires, ouvriers agricoles, sociétés de crédit, coopératives, industries de transformation (les syndicats ont été dissous). On propage le salaire en nature, on recourt à des châtiments corporels, on interdit d'embaucher à la ville, on institua un service gratuit obligatoire d'une année (fille de ferme) avant un engagement dans l'administration.
  3. il est fixé des prix et des quantités, réprimés par la police si non appliqués.
Politique industrielle

Par le travail obligatoire, il est entrepris des grands travaux : autoroutes, logements, défrichements, asséchements, etc. Étatisations d'entreprises : mines, chemins de fer, métallurgie.

L’Allemagne prend le 2ᵉ rang dans la production mondiale si l'on tient compte de l'annexion de l'Autriche et de la Bohême-Modalvie.

S'agit-il d'une politique socialiste ?

Non : les banques avaient été sauvées de la déroute en 1933 par la prise de possession par l'état de la majorité des banques. Hitler va les re-privatiser dès 1937, et même, il y a un renversement complet puisque les banques financent l'état et en deviennent les créanciers

  • 1933 la valeur de 27 % des banques sont détenues par celles-ci >>> en 1940 elles en possèdent 57 %
  • en 1932, 84 % du capital des sociétés est engagé dans des trusts (prévus interdits dans le programme), en 1940 y est engagé 90 %.
  • la planification est une accélération de la concentration capitaliste : les profits industriels passent de 6,6 milliards de marks en 1933 à 15 milliards en 1938.
Prix et salaires

Les prix restèrent à peu près stables même durant la guerre (+ 10 à 15 %). Les salaires pouvaient être abaissés pour réaliser le plan, toutefois ils augmentèrent légèrement, moins que les prix, même durant la guerre, mais le chômage avait disparu.

Ce billet est la suite de l'Histoire du fascisme

Contrairement à la politique sociale le programme était pour ainsi dire inexistant. Par contre l'économie appliquée durant les + de 10 ans au pouvoir vont aussi de pair avec la politique raciste et le vouloir agrandissement du territoire, difficile de séparer les uns des autres, mais pour faire lisible et pas trop long, c'est pourtant ce que j'essaye de faire.

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(1) il étudia les sciences économiques et politiques en autodidacte, mais ne resta pas longtemps ministre, bien qu'il fût un mentor de Hitler en matière économique. Je le mettrai en concordance avec la Dystopie de "Marine Le Pen au pouvoir"

Rédigé par Annie Stasse

Publié dans #Allemagne, #Dictature

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