Mais revenons à l’événement majeur : Pourquoi Anita a-t-elle quitté le foyer familial?
L’histoire ne le dit pas, nous sommes donc contraint à émettre des hypothèses. À l’époque, une jeune fille de la bourgeoisie romaine ne quittait pas sa famille excepté si celle-là était contrainte à la fuite ou bien dans l’optique de survivre grâce à ses propres moyens.
S’est-elle avérée enceinte ? Alors soit ses parents l’auraient reniée et mise à la rue, soit elle serait partie de son plein gré face à un tel évènement. Mais alors elle aurait avorté car son premier enfant naquit plus tard. Dans ce cas qui était le père ? un amour clandestin ? un viol ? un inceste ?
Pas besoin d’attendre un enfant dans le cas d’un viol ou d’un inceste pour fuir. L’inceste étant une forme de viol.
Le viol n’est pas forcément un acte ponctuel d’une fois, mais peut être répété, constant, qu'il s’agit d’une personne proche, fréquentation de la famille, un membre de la famille, homme ou femme.
Il est en effet toujours sous entendu que le viol ou l’inceste seraient perpétrés par une personne de sexe masculin, c’est oublier qu’une personne de sexe féminin peut en être coupable.
Il est dans l’imaginaire collectif que le membre masculin serait une arme indispensable pour perpétrer un viol ou un inceste. Les femmes commettent aussi de tels actes, mais le tabou est tellement fort qu’on l’ignore.
À moins que l’on sous-entende que ce serait moins grave, plus doux, de l’ordre de l’affect plutôt que de la sexualité ; la sexualité féminine serait moins pulsionnelle !
Et pourtant, homme et femme sont identiques sur ce point et les différences pulsionnelles ne sont pas de genre mais d’individu. Les deux sexes peuvent ressentir des pulsions pour leurs proches et ne pas les maîtriser.
NB : j'ai moi-même subi un inceste maternel. Un livre fait d'interviews : L'ultime tabou, femmes pédophiles femmes incestueuses, Anne Poiret, Ed. Patrick Robin, 2006.